CONTEXTE HISTORIQUE
Plantons le décor... les années 1500 à 1600 sont marquées par beaucoup de remous en Europe.
La domination chrétienne est secouée par le schisme protestant: Martin Luther et Jean Calvin, qui contestaient les doctrines (sacrements, indulgences, rôle du Pape)
Le Pape est en partie renié. C'est un moyen pour les princes allemands d'affirmer leur indépendance face au Saint-Empire romain germanique
Début 1600, les leaders européens étaient les Archiducs Albert & Isabelle d'Autriche.
C'est une période de tension qui en plus est parcourue par de multiples épidémies, dont la peste bubonique.
Ce qui va se passer se situe entre Dinant et Rochefort. Le Comté de Rochefort a comme rentrées la battelerie de Dinant.
Ce qui se passe au delà de Dinant, lui est le Comté de Namur. Les 2 Comtés sont loin de bien s'entendre.
Le Comté de Rochefort est sous la tutelle du Prince-Eveque de Liège.
La population vit donc des moments difficiles... au sein des conflits et des maladies dévastatrices.
DECOUVERTE DE LA VIERGE
En l'an 1609, le commerce principal est la battelerie. Un batelier de Dinant, Innocent de Limoir, achète du bois au baron de Celles, afin de l’utiliser pour ses bateaux.
Ce dernier quémande à Gilles de Wanlin, bûcheron de Sorinnes, d'aller abattre un chêne, ce 6 juillet 1609.
Ce dernier trouve un grand chêne au lieu dit de "Foy". Pas de vie autour sur plusieurs kilomètres, hormis une métayère (ferme) à 3 km de là.
Le chêne est costaud, et demande beaucoup d'énergie au bucheron/charpentier. Après que ce majesteux arbre tombe, le débitage commence.
Et là complètement dans le tronc, la hache percute un élément en pierre... une statuette de 22 cm, une vierge ortant l’Enfant Jésus sur son bras droit.
(Néanmoins le bois est vermoulu mais sera quand même débité.)
A coté de la vierge, trois barreaux de fer rouillés, des petites pierres cristallines et une tresse de cheveux toute fraîche.
Malheureusement, la tête de la Vierge et la main gauche de son Fils avaient été tranchées. Des témoins accoururent et la servante de la ferme emporta la statuette, la lava, la recolla et la posa sur une poutre de la cuisine.
Qui dit témoin, à cette époque, dit que la nouvelle allait se répandre... même si cela prenait du temps.
NAISSANCE DES PELERINAGES
La statuette est réparée par un fermier. Elle reste cachée un moment, sera mise dans une sorte de potale grillage,
puis peur d'être volée, hébergée chez le Seigneur de Celles et à d'autres endroits.
Et alors que la découverte de la Vierge commence à se savoir... (la communication de l'époque était tout autre),
la peste qui avait d'abord sévit à Dinant, s'en va, disparait... ainsi que des conflits,... la population y voit une grâce.
Le Comte Jean-Théodore de Lowensteïn, qui vit dans le chateau "Cousin" de Rochefort (dont on peut visiter les ruines)
règne de Rochefort à Dinant avec une milice privée. Son épouse la Comtesse Josine de la Marck était aussi tombée malade.
Elle sera à l'initiative d'une autre dévotion, Notre Dame de Lorette, en remerciement de son bébé disparu et retrouvé vivant.
Quelques années apres l'épidémie de peste de Dinant, c'est Rochefort qui est touché. La moitié de la population est décimée.
On invoque la Vierge de Foy... et l'épidémie s'arrête.
Le Comte, avec la découverte de la Vierge, y voit une opportunité et que quelque chose d'unique est en train de se dérouler, en informe le Prince-Eveque de Liège
Voilà un évènement qui va redorer les catholiques alors qu'une école de Jésuites se crée à Dinant.
Avec un personnage qui va avoir un rôle de diffusion du savoir, le Recteur Pierre Bouille (1575-1641)
Des miracles, plus de trentes, sont reconnus, la Vierge devient protectrice pour la population et miraculeuse.
Le 1er miracle est celui d'un prêtre qui va guérir d'une grave maladie. Les gens commencent à affluer au lieux-dit de "Foy".
Vite, il faut construire une chapelle... qui est tres vite trop petite.
1619 : Décision du Prince-Evêque d’ériger un sanctuaire à Foy, les Archiducs Albert et Isabelle font le déplacement.
1622 : Foy Notre Dame érigée en paroisse, début de la construction, qui durera seulement 4 ans, avec le savoir des Jésuites
1626 : Consécration et donation du Maitre autel par le Prince-Evêque de Liège
Va naitre ainsi, le village de Foy-Notre-Dame.
La population étant illettrée, le Recteur Pierre Bouille se sert d'une notion d'image. La Vierge de Foy devient une image
qui a été découverte, son savoir va se répandre.
Les Jésuites vont dès lors se servir de la Vierge de Foy et de son image dans leur rôle de "missionnaires" à travers le monde.
On retrouve ainsi des traces encore vivantes de l'influence de la Vierge, un campus universitaire et une paroisse au Canada (chez les Hurons),
des chapelles en Belgique, aux Pays-Bas, plusieurs lieux en France, comme dans la cathédrale d'Amiens, en Autriche,...
Des copies de la statuettes ont été faites dans le bois du chêne et envoyées dans le monde pour évangéliser.
On retrouve ainsi dans les archives, trace d'une première organisation d'un Pèlerinage civil en 1629.
Et cela le week-end de Pentecôte, comme cela se fait toujours aujourdhui Premier Pèlerinage reconnu.
Le Comte Jean-Theodore de Lowensteïn, voyant les bienfaits de la découverte, décida fin 1626 que son armée
marche en apparat en remerciement à la Vierge jusque Foy, et que cela se perpétue toutes les 7 années.
Et donc en 1627, la milice du Comte, avec le Comte, ce dernier se "dégradant" en gonfalonier, marcha jusque Foy.
Les Soldats de Foy sont nés, et marchent en Pèlerinage en "Armes" de Rochefort à Foy-Notre-Dame et retour depuis 400 ans.
Ce magnifique Pèlerinage se perpétue depuis 400 ans, de façon annuelle en civil
et toutes les 7 années en "Armes" (et à la 3ème ou 4ème année durant le septennat)
XVIIème - XVIIIème S. Vicissitudes d’un sanctuaire
La dévotion de l'Image de Foy, se diffuse dans les campagnes belges, et à travers le monde.
Les Hurons vont se faire évangéliser,... et à Dinant des processions se déroulent et une Confrérie des Pèlerins est créée.
L'Eglise de Foy-Notre-Dame est ornée d'un plafond de 415 caissons en chêne, chacun orné d'une peinture représentant des saints,
des évangélistes et des scènes de la vie de la Vierge Marie. Ce fabuleux édifice va s'embellir.
Ensuite, de forte insécurités et résurgences des épidémies (peste). Intensité surtout en 1636 et 1650 (Rochefort et Dinant).
Omniprésence des troupes entre 1633 et 1655.
Mercenaires étrangers et populations armées font que la dévotion a des hauts et des bas
Amorce d’un déclin sous occupation française (1675-1715). La statuette est mise en sécurité à ND de Dinant puis retour.
Mise à sac du sanctuaire (destructions boiseries) & Pillage du trésor et vol de la statuette.
Cette dernière réapparaitra, on ne sait trop comment. Mais elle porte toujours les traces de sa réparation à l'origine.
Puis, la dévotion revit... : Fastes du 125e anniversaire (1734) : succès des pèlerinages
Le contexte politique change,dépossession des Lowenstein du Comté de Rochefort (1737)
Passage à la famille Stolberg (prince protestant !)
Freins aux démonstrations militaires autour des processions, la procession ne se fait qu'en civil.
Suppression de la Compagnie des Jésuites (1773) / Invasions françaises et mesures anticléricales (1792-1799)
Interdictions des manifestations extérieures du culte (1795)

Renaissance du culte (Concordat, 1801) mais sous tutelle.
XIXème S. RENAISSANCE
C'est la résurrection de l’Eglise en Belgique, un retour à des valeurs.
Forte opposition à la politique laïque du Royaume néerlandais. Participation à la révolution belge (1830) pour liberté de culte
1832-33 : Nouvelle épidémie (Choléra) en Europe
le Curé de Rochefort rétablit la procession annuelle à Foy
Mais les instances religieuses refusent la présence de l’habit militaire et de cavaliers.
1839 : Mention d’un grand pèlerinage (sans arme ?)
Etat de délabrement général du sanctuaire mal entretenu
En 1851, la jeunesse de Rochefort lance l'initiative de renouer avec les costumes.
Uniformes militaires loués à Givet (2d Empire). Armes et musique (tambours, fifres), 200 participants.
Etat-Major commandé par un colonel, Artillerie composée de 21 canonniers, Cavalerie de 21 cavaliers
Réorganisation dans le contexte des épidémies de choléra (53, 56)
Attribution de l’absence de contagion (55-57) à ND de Foy !
Puis, vient un contexte religieux favorable à la mobilisation armée
Episode de la République romaine (1849), Exil du pape (Pie IX)
Refondation d’une armée pontificale, rôle de Xavier de Mérode
Création du corps des zouaves pontificaux (1860), Mentana (67)
Soutien inconditionnel du Père Banneux à ND de FOY (jésuite rochefortois) (1879)

Pèlerinage en armes (à nouveau tout les 7 ans), Présence des Dinantais (6000)
Importance des décharges d’artillerie ! Dernière sortie en armes (1899) : sapeurs, zouaves, cavaliers, canonniers
XXème S. FACE AUX CONFLITS
A l’aube du XXe siècle : Bas les armes ! Nouvel évêque de Namur : Thomas-Louis Heylen (1899-1941)
Promotion d’une dévotion mariale mais strictement religieuse, on ne veut plus à nouveau parler d'armes !
Difficultés importantes des marches entre Sambre et Meuse
Disparition du pèlerinage en armes (après 1899)
Moment important : Création de la Confrérie de Notre-Dame de Foy (1897), 1ère du nom.
Classement de l’église de Foy comme monument national (1898)
Le 8 septembre 1909, on célébra le 3e centenaire de la découverte
et la statuette miraculeuse fut couronnée pontificalement par Monseigneur Heylen, évêque de Namur, au nom du Pape Saint Pie X.
devant plus de 11.000 personnes. Mais sans armes !

Vient alors la notion de "Marcher en armes pour conjurer les guerres"
Impact douloureux de la première guerre mondiale : Décès de pèlerins, destructions des armes, reconstruction
Prestige important de l’armée et des héros/martyrs 14-18
Contexte particulier des années 1930 :
Fêtes du centenaire de l’Indépendance (Cortèges historiques)
Apparitions de Beauraing (1932-33) et pèlerinages mariaux
Célébration du 20e anniversaire du début de la guerre (1934)
325ème anniversaire de la découverte de la statue
19-07-1935 - Création de la Confrérie actuelle ND de FOY pour relancer les Pèlerinages.
A nouveau, une grande guerre, 40-45. Les bombardements vont être nombreux sur Dinant et, Foy-Notre-Dame ne sera pas épargnée.
Même s'il y a très peu de maisons (50 ?), beaucoup seront détruites,... et malgré cela, l'Eglise de Foy restera quasi intacte.
Encore une grâce de la Vierge ?
On sait que le Général De Gaulle a été légèrement blessé au niveau d'un pont de Dinant, lors des bombardements.
On raconte qu'il a invoqué la Vierge de Foy pour se protéger. Ce qui est certain c'est que le curé de Foy a envoyé une copie de
la Vierge de Foy à son domicile en France et que son village natal en dipose aussi d'une.
Rétablissement rapide du pèlerinage en armes (1946) - Succès important à la sortie de 1957 (nouveaux costumes)
Participation à des activités plus folkloriques (avant 1958) - Maintien d’un ancrage spirituel important (encadrement religieux)
Contrastes entre intimité du pèlerinage annuel et affluence (armes)
En 2023, la Confrérie arrive à une Reconnaissance comme Patrimoine Orale et immatérielle Féd Wallonie-Bruxelles.
La même année, le village de Foy-Notre-Dame fête les 400 ans de la construction de l'Eglise.
Le descendant des Lowensteïn, Alois-Konstantin, Prince of Löwenstein-Wertheim-Rosenberg donne une conférence sur sa lignée.
Sa majesté le Roi Albert II et son épouse la Reine, honorent de leur présence cette conférence.
En décembre 2025, la Cour du Roi donne une reconnaissance du plut haut niveau, en nommant les Evenements du Jubilé des 400 ans
sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Philippe de Belgique.

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